Bonifas – Nospelt : auberge de village devenue table de cuisine française soignée, à Kehlen, où un jeune couple venu de France sert foie gras, pâtes à la truffe et pièces de bœuf grillées dans une salle contemporaine prolongée d’une terrasse ; comptez à partir de 44 € pour le menu en trois services.
Localisation
L’adresse se trouve au 4, Grand-Rue, L-8391 Nospelt, section de la commune de Kehlen, dans le canton de Luxembourg, à l’ouest du Grand-Duché. La Grand-Rue traverse le village de part en part : la maison occupe l’une des bâtisses anciennes qui bordent la chaussée, à quelques mètres seulement de l’église et des fermes en pierre du noyau villageois. Le stationnement est nettement plus simple qu’en ville, un parking étant à disposition de la clientèle.
Nospelt n’est pas un village comme les autres : du XVIIIᵉ siècle au début du XXᵉ, il fut le centre de la poterie luxembourgeoise, ses artisans cuisant grès et terres vernissées vendus dans tout le pays. Le Musée de la poterie, installé dans une ancienne ferme à deux pas, en conserve les fours et les tours, et la fête de l’Éimaischen perpétue chaque lundi de Pâques la vente des Péckvillercher, ces petits oiseaux siffleurs en terre cuite que les enfants font chanter sur la place. Autour, le Gutland déroule ses plateaux calcaires fertiles, ses vergers hautes-tiges et ses chemins creux.
La vallée de l’Eisch et la Vallée des Sept Châteaux commencent à quelques kilomètres au nord, ce qui fait de l’adresse une étape commode après une journée de marche. Mamer est à 5 km, Mersch et Luxembourg-Ville — dont les fortifications et la vieille ville sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO — à une quinzaine de kilomètres, et Arlon, en Belgique, à une vingtaine. La maison reste donc accessible en une vingtaine de minutes depuis la capitale malgré son implantation rurale.
Cadre & ambiance
Derrière une façade de village discrète, la salle principale surprend : rénovée, décorée avec soin, elle joue une carte contemporaine sobre — tons neutres, éclairage doux, tables espacées — qui tranche avec l’idée qu’on se fait d’une auberge de campagne. Le calme est l’un des atouts les plus souvent relevés : on s’y entend parler, ce qui explique la clientèle de couples et de tables de travail venues de la capitale. Une seconde salle, plus ancienne et plus petite, complète l’ensemble et sert notamment pour les groupes.
Aux beaux jours, la terrasse installée devant la maison, face à la Grand-Rue, devient l’endroit le plus demandé — mieux vaut la réserver explicitement. Le service est assuré par Crystel Cascinelli, qui accueille en salle, tandis que son compagnon Grégory Duranton tient les fourneaux. Tous deux originaires de France, ils ont travaillé plusieurs années en Belgique, aux Plats Canailles de la Bleue Maison et aux Forges du Pont d’Oye, avant de reprendre cette adresse qui portait déjà le nom de Bonifas. Le ton reste cordial et sans raideur, très loin du protocole guindé, ce qui contribue beaucoup à l’attachement d’une clientèle largement locale et fidèle.
Cuisine & concept
Grégory Duranton compose une cuisine française classique dans sa structure, mais enrichie d’influences méditerranéennes et de touches venues d’ailleurs. Le foie gras y côtoie le paprika fumé et le miso, la truffe d’été partage la carte avec un poulet aux épices cajun : l’écriture reste lisible, les produits sont travaillés en profondeur et les dressages soignés sans tomber dans le décoratif — plusieurs convives relèvent d’ailleurs l’absence de fleurs comestibles superflues dans les assiettes. La maison figure dans la sélection du Guide MICHELIN et est citée au Gault&Millau.
Le fonctionnement repose sur trois piliers. Un plat du jour à 21,00 € change quotidiennement du lundi au vendredi et permet de découvrir la cuisine sans engager un repas complet. Un menu gourmand en trois services, à partir de 44,00 €, laisse choisir entrée, plat puis fromage ou dessert, avec quelques suppléments pour les produits nobles — 7,00 € pour le duo de foie gras, 6,00 € pour les taglierinis à la truffe. La carte, enfin, met à l’honneur les grosses pièces à partager : côte à l’os, chateaubriand et homard, ce dernier uniquement sur réservation 48 heures à l’avance. La carte des vins accorde une place réelle aux crus de la Moselle luxembourgeoise, avec notamment un pinot gris de Greiveldange et un auxerrois du domaine Claude Bentz servis au verre.
Carte & plats emblématiques
le duo de foie gras de canard – l’un cuit en terrine à la fleur de sel, l’autre en ganache avec crumble spéculos, chutney pommes-rhubarbe et toasts de brioche (27,00 €)
le tartare de saumon à l’aneth – échalotes et huile de sésame grillé, crème miso au caviar avruga, radis red-meat et fenouil en vinaigrette de citron vert (23,00 €)
les taglierinis à la truffe d’été – crème de parmesan, poêlée de pleurotes, jus émulsionné à l’huile de truffe, copeaux de parmesan et roquette (25,00 €)
le homard canadien de 400 à 500 g – entièrement décortiqué, garnitures et sauce du moment, à commander 48 heures à l’avance (prix du jour)
le filet de poulet rôti aux épices cajun – riz crémeux aux noix de cajou, poivrons et oignons sautés, cœur de sucrine au lard guanciale, en plat du jour (21,00 €)
Les retours publiés convergent sur trois points : la qualité gustative, la présentation des assiettes et le rapport entre le prix demandé et le travail fourni. Plusieurs convives soulignent la créativité des associations entre légumes, viandes et champignons, et le fait que la maison propose autre chose que la carte française attendue. Le service revient très régulièrement dans les commentaires, décrit comme professionnel, souriant et attentif, avec une réelle capacité à expliquer les plats sans discours appuyé.
Le cadre récolte lui aussi des retours favorables : la découverte d’une salle élégante et calme derrière une façade de village ordinaire est une surprise fréquemment mentionnée. Quelques réserves ponctuelles portent sur la seconde salle, jugée moins bien rénovée que la principale, et sur le niveau sonore lorsqu’un grand groupe est accueilli le même soir. L’emplacement excentré est parfois relevé, mais quasiment toujours pour être aussitôt relativisé au regard de l’expérience. Les participations de la maison aux RestoDays luxembourgeois ont attiré une clientèle nouvelle, dont une part revient ensuite spontanément.
Questions fréquentes
Quel est le prix moyen chez Bonifas ?
Le plat du jour de midi est affiché à 21,00 € et le menu gourmand en trois services démarre à 44,00 €. À la carte, les entrées se situent entre 14,00 et 27,00 € et les grosses pièces à partager, côte à l’os ou chateaubriand, tournent autour de 86,00 à 88,00 € pour deux personnes.
Bonifas propose-t-il des plats végétariens ?
Oui, la carte comporte plusieurs options sans viande ni poisson, comme la crème de houmous au paprika fumé accompagnée de burratina, les taglierinis à la truffe d’été ou la composition de salades de légumes crus et cuits. Il est recommandé de signaler ses préférences alimentaires au moment de la réservation.
Faut-il réserver et quels sont les jours de fermeture ?
La réservation est vivement conseillée, la salle étant de taille modeste et la terrasse très demandée aux beaux jours. La maison est fermée le mardi et le mercredi ; elle sert midi et soir les lundi, jeudi, vendredi et dimanche, et uniquement le soir le samedi.
Peut-on payer avec des titres-restaurant ?
Oui, les chèques Pluxee sont acceptés, de même que les espèces et les cartes Visa, Mastercard et Maestro. Le paiement par carte ne pose donc aucune difficulté.
Y a-t-il un parking et une terrasse ?
Un parking gratuit est à disposition à proximité immédiate, ce qui reste l’un des avantages d’une adresse de village par rapport au centre de la capitale. Une terrasse est installée devant la maison et ouvre dès que le temps le permet.
Conclusion
Bonifas illustre un cas de figure devenu rare : une auberge de village reprise par un jeune couple de professionnels qui, plutôt que de miser sur la nostalgie, a rénové la salle et réécrit la carte. Le résultat est une table française précise, ouverte aux accents méditerranéens, référencée dans la sélection du Guide MICHELIN et citée au Gault&Millau, dans un village de 1 500 habitants à vingt minutes de Luxembourg-Ville.
Quatre choses résument bien la maison : le duo de foie gras de canard, terrine et ganache réunies dans la même assiette ; les taglierinis à la truffe d’été et leur crème de parmesan ; la côte à l’os « Limousin-Luxembourgeois » grillée à la fleur de sel et sa béarnaise, servie pour deux ; et le plat du jour à 21,00 €, qui reste la porte d’entrée la plus accessible vers le travail de Grégory Duranton.
Pour une première visite, le menu gourmand en trois services offre le meilleur aperçu de la cuisine ; pour un repas à deux qui prend son temps, la côte à l’os ou le chateaubriand au foin s’imposent, avec un verre de pinot gris ou d’auxerrois de la Moselle luxembourgeoise. Les amateurs de homard penseront simplement à passer commande deux jours à l’avance.
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