La Maison des Têtes – Colmar : demeure Renaissance de 1609 devenue hôtel Relais & Châteaux au cœur de Colmar, la maison réunit trois tables sous un même toit — le Restaurant Girardin, gastronomique et 1 étoile au Guide MICHELIN, la Brasserie Historique et la Winstub Bartholdi. Atmosphère feutrée et boisée côté brasserie, écrin minimaliste tout en blancs côté gastronomique ; budget 30–45 € à la winstub et à la brasserie, 135–155 € pour les menus dégustation du Girardin.
Localisation
La maison occupe le 19 Rue des Têtes, 68000 Colmar, dans le Haut-Rhin, en région Grand Est. On est en plein centre historique, à une centaine de mètres du musée Unterlinden et de son retable d’Issenheim, chef-d’œuvre de Grünewald et l’une des raisons pour lesquelles on vient à Colmar. La rue des Têtes débouche directement sur le quartier piéton.
Tout est à distance de marche : à cinq minutes à pied de la Petite Venise et de ses barques qui glissent sur la Lauch entre les maisons à colombages, à deux pas de la maison Pfister de 1537, du quartier des Tanneurs et du marché couvert. Colmar est la ville natale d’Auguste Bartholdi, sculpteur de la statue de la Liberté — une réplique veille à l’entrée nord de la ville, et la winstub de la maison porte son nom. En décembre, les marchés de Noël installent leurs chalets à quelques rues. Le stationnement se fait au parking Rapp ou au parking de la Mairie, tous deux à proximité immédiate. La gare de Colmar est à un quart d’heure à pied. Non loin, la route des Vins d’Alsace, le Haut-Kœnigsbourg à une vingtaine de kilomètres, Riquewihr et Eguisheim — classés parmi les Plus Beaux Villages de France — à une dizaine, et Strasbourg à soixante-dix.
Cadre & ambiance
La façade dit déjà tout : construite en 1609, cette demeure bourgeoise doit son nom aux 106 têtes sculptées qui couvrent ses pierres, grimaçantes, moqueuses, chacune différente. L’oriel Renaissance et le pignon à volutes en font l’un des bâtiments civils les plus photographiés d’Alsace. Derrière, une cour intérieure pavée de grès rose accueille la terrasse, meublée de fauteuils tressés et de jardinières qui changent au fil des saisons — potirons à l’automne, décor de Noël en hiver.
À l’intérieur, trois univers cohabitent. La Brasserie Historique joue le contraste : boiseries anciennes, poêle à bois en fonte, vitraux d’époque face à des suspensions contemporaines et des tables épurées ; l’atmosphère y est vivante et conviviale. La Winstub Bartholdi tient le registre alsacien traditionnel. Le Restaurant Girardin, lui, prend le parti inverse de la façade : une salle de dix-huit couverts seulement, un nuancier de blancs, aucune décoration hormis les lampes murales soufflées bouche de Bocci, une alcôve tendue de tissus en écailles et des nappes immaculées ponctuées d’une orchidée. L’ensemble complète un hôtel Relais & Châteaux de vingt et une chambres, distingué par une Clé MICHELIN au titre de l’hôtellerie.
Cuisine & concept
Le chef Éric Girardin signe au gastronomique une cuisine d’auteur ancrée dans le terroir alsacien, servie exclusivement sous forme de menus dégustation en cinq ou sept services. Sa ligne est celle de l’épure : poissons cuits au plus juste, viandes de terroir, bouillons parfumés, légumes de saison, et une assiette monochrome — blanc, terre, bleu de Sienne — sur laquelle les produits apportent seuls la couleur. Le munster « gonflé » aux éclats de raisin, cumin et marc de gewürztraminer résume l’exercice : un classique régional entièrement repensé. Un menu entièrement végétal est proposé en parallèle, construit avec la même exigence.
La Brasserie Historique élabore une carte de saison plus accessible mais soignée, entre terre et mer, avec un souci affiché de la cuisson : quenelle de brochet sauce au riesling, suprême de volaille jaune et écrevisses, entrecôte maturée, tartare maison. Sa mousse soufflée chaude au chocolat est devenue une signature. La Winstub Bartholdi met à l’honneur le répertoire régional sans détour : choucroute huit garnitures, baeckaoffa, bouchée à la reine et nouilles alsaciennes, tête de veau sauce gribiche, escargots de la Weiss, foie gras d’Alsace en terrine servi avec sa tranche de kougelhopf. La maison dispose aussi d’une pâtisserie et propose des formules à emporter.
Carte & plats emblématiques
le Menu Sensitif du Restaurant Girardin – sept services signés Éric Girardin, tomates et céleri au whisky Meyer’s, courgette, foie gras poêlé, truite, canette, munster « gonflé » au marc de gewurztraminer, myrtilles sauvages — version cinq services à 135,00 €. 155,00 €
le Menu Végétal du Restaurant Girardin – même écriture, tout en légumes : pastèque et bargkass affiné, fenouil confit au petit épeautre, aubergine au miso, figue et beurre blanc — sept services à 155,00 €. 135,00 €
le menu Les Incontournables de La Maison des Têtes – cinq services à la Brasserie : foie gras mi-cuit, quenelle de brochet, suprême de volaille jaune, fromages et mousse soufflée chaude ; accord mets et vins en cinq verres à 39,00 €. 88,00 €
Les retours distinguent nettement les trois tables. Au Girardin, les convives décrivent une expérience longue et très encadrée, où le service en salle et le conseil du sommelier comptent autant que l’assiette ; la petite jauge de dix-huit couverts est régulièrement citée comme un atout, la cuisine jugée précise et lisible, sans surcharge. Le menu végétal surprend positivement ceux qui le choisissent.
À la Brasserie Historique et à la Winstub Bartholdi, les commentaires saluent la cohérence entre le cadre — vitraux, boiseries, cour pavée — et une cuisine régionale exécutée avec sérieux, ainsi que le menu du jour au déjeuner, considéré comme le meilleur moyen de découvrir la maison sans y consacrer un budget de gastronomique. Les réserves portent surtout sur la nécessité de réserver longtemps à l’avance, notamment en période de marchés de Noël, et sur des horaires resserrés : les trois tables ferment le dimanche et le lundi, la winstub proposant toutefois un menu spécifique le dimanche.
Questions fréquentes
La Maison des Têtes a-t-elle une étoile au Guide MICHELIN ?
Oui, mais il faut être précis : l’étoile revient au Restaurant Girardin, la table gastronomique de la maison, distinguée d’une étoile au Guide MICHELIN. La Brasserie Historique et la Winstub Bartholdi, également installées au 19 rue des Têtes, ne sont pas étoilées. L’hôtel dispose par ailleurs d’une Clé MICHELIN, distinction hôtelière distincte de l’étoile.
Quel est le prix moyen à La Maison des Têtes ?
Tout dépend de la table. Au Restaurant Girardin, le menu dégustation est à 135,00 € en cinq services et 155,00 € en sept. À la Brasserie Historique, le menu du jour au déjeuner est à 29,00 € en deux services et 35,00 € en trois, les plats à la carte de 28,00 à 42,00 €. À la Winstub Bartholdi, comptez 28,00 à 32,00 € le plat.
Y a-t-il des options végétariennes ?
Oui, et de façon très construite. Le Restaurant Girardin propose un Menu Végétal complet en cinq ou sept services. La Brasserie a une section végétarienne à sa carte, et la Winstub Bartholdi sert notamment un gaspacho de concombre au bibeleskæs et des spätzle poêlés à la tomate.
Quels sont les horaires et faut-il réserver ?
La réservation est indispensable, en particulier au Girardin qui ne compte que dix-huit couverts. Le Restaurant Girardin sert du mardi au samedi, uniquement à dîner, de 19h00 à 20h45. La Brasserie Historique ouvre du mardi au samedi, de 12h00 à 13h30 et de 19h00 à 21h00. Les trois tables ferment le dimanche et le lundi.
Peut-on y organiser un événement ou dormir sur place ?
Les deux. La maison est un hôtel Relais & Châteaux de vingt et une chambres et dispose d’espaces dédiés aux séminaires et événements privés. Elle propose également des coffrets cadeaux et des formules à emporter.
Conclusion
La Maison des Têtes est l’une des rares adresses où l’on peut choisir son niveau d’engagement. Derrière une façade de 1609 constellée de 106 têtes sculptées, la maison abrite un hôtel Relais & Châteaux et trois tables aux ambitions distinctes, du menu du jour à 29,00 € au repas gastronomique de sept services. Le Restaurant Girardin, table étoilée de la maison, en constitue le sommet.
Quatre marqueurs à retenir : les menus dégustation d’Éric Girardin, entièrement construits autour du terroir alsacien ; le munster « gonflé » au marc de gewürztraminer, sa relecture la plus commentée ; la choucroute huit garnitures et le baeckaoffa de la Winstub Bartholdi ; et, à la Brasserie, la mousse soufflée chaude au chocolat qui traverse les années sans bouger de la carte.
Pour une première visite, deux itinéraires. Le plus abordable : un déjeuner à la Brasserie Historique dans la cour au grès rose, autour du menu du jour, ou une soirée à la winstub avec escargots de la Weiss, baeckaoffa et forêt-noire. Le plus mémorable : une table au Girardin, sur réservation anticipée, pour le Menu Sensitif ou le Menu Végétal. Dans les deux cas, réservez tôt — dix-huit couverts au gastronomique, et une ville prise d’assaut dès l’ouverture des marchés de Noël.
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