La Droguerie 1904 – Honfleur : bistrot chic installé à l’entrée du Vieux Bassin de Honfleur, où le chef Benoît Domin compose une cuisine dite fusion — produits normands et saveurs du monde — distinguée d’une toque au guide Gault&Millau ; salle intime tournée vers le port, budget 45–55 €.
Localisation
L’adresse occupe le 1 Rue de la République, 14600 Honfleur, dans le Calvados, en région Normandie. La rue de la République débouche au cœur du centre ancien, à deux pas du Vieux Bassin bordé de hautes maisons d’ardoise creusé sur ordre de Colbert, et de la Lieutenance qui en garde l’entrée. Les baies de la salle donnent directement sur le port.
Tout le patrimoine honfleurais tient dans un périmètre de quelques centaines de mètres : l’église Sainte-Catherine, plus grande église de bois de France, bâtie au XV⁵ siècle par les charpentiers de marine avec sa nef en carène de navire renversée et son clocher séparé ; les Greniers à sel du XVII⁵ ; le musée Eugène-Boudin. Car le Vieux Bassin est l’un des paysages les plus peints de France : Boudin, né ici en 1824, Jongkind et le jeune Monet y inventèrent la peinture en plein air à la ferme Saint-Siméon, préfigurant l’impressionnisme.
La ville a aussi vu partir Samuel de Champlain en 1608 pour aller fonder Québec, et naître le compositeur Erik Satie en 1866. Le pont de Normandie est à 5 km, Deauville et Trouville à 15 km, Le Havre à 25 km : l’adresse est donc accessible à pied depuis tous les parkings du centre et à une demi-heure de la Côte Fleurie.
Cadre & ambiance
La maison porte un nom qui raconte son histoire : en 1904, l’arrière-grand-père du chef, Raoul Domin, avait fondé en ces murs une droguerie. La décoration joue de cette mémoire, avec une élégance ancienne remise au goût du jour, dans une salle de taille modeste dont les fenêtres cadrent le mouvement des bateaux.
Le service est décrit comme attentif et souriant, sans la raideur qu’on associe parfois aux tables gastronomiques. Les propriétaires revendiquent d’ailleurs le mot d’aubergistes plutôt que celui de restaurateurs, une façon de résumer la position de la maison : le niveau de cuisine d’une table gourmande, la simplicité d’un bistrot. La configuration intime suppose de réserver, d’autant que la maison ferme le mercredi et le jeudi.
Cuisine & concept
Le double nom qui circule encore sur certains annuaires — « La Droguerie 1904 / L’Écailleur » — ne désigne pas deux établissements mais deux époques successives du même lieu. La famille avait ouvert en 2003 L’Écailleur, restaurant de fruits de mer, tenu trois ans ; elle a ensuite évolué vers une cuisine plus traditionnelle pendant une quinzaine d’années. En 2023, l’enseigne a été rebaptisée La Droguerie 1904, précisément parce que trop de clients venaient encore y chercher des plateaux de fruits de mer que la maison ne servait plus depuis des années. Le banc d’écailler appartient donc au passé : c’est aujourd’hui un bistrot chic, et non une adresse de fruits de mer.
La période du Covid a servi de bascule vers une cuisine plus responsable et plus locale. Benoît Domin la qualifie de fusion : des produits normands travaillés avec des saveurs venues d’ailleurs, une ligne qu’il résume par « simple, mais pas simpliste ». Cela donne une fricassée de palourdes en marière asiatique, un tiradito de thon rouge aux herbes et à la truffe, un foie gras au porto blanc et chutney de rhubarbe pimenté, un filet de julienne au sésame noir et beurre blanc au yuzu, ou encore un suprême de poulet vallée d’Auge au jus corsé qui, lui, reste pleinement normand. La carte est courte, lisible, et suit les arrivages de la criée comme le calendrier des légumes. Le guide Gault&Millau lui a confirmé sa toque dans son édition 2026. L’établissement n’est en revanche pas étoilé au Guide MICHELIN.
Les retours des clients convergent sur la lisibilité de la proposition : une carte courte, sans mélange des genres, où chaque assiette est identifiable et où les associations — yuzu et beurre blanc, rhubarbe pimentée et foie gras — sont jugées maîtrisées plutôt que démonstratives. Le rapport entre le niveau technique et le prix des plats revient souvent comme un bon point.
La vue sur le port et le caractère intime de la salle sont l’autre motif de satisfaction, tout comme la qualité de l’accueil. Plusieurs visiteurs regrettent en revanche de ne pas y trouver les plateaux de fruits de mer que l’ancienne enseigne Écailleur laisse encore imaginer : mieux vaut arriver en sachant qu’il s’agit d’un bistrot chic à carte fusion.
Questions fréquentes
La Droguerie 1904 et L’Écailleur sont-ils deux restaurants différents ?
Non. Il s’agit du même établissement : ouvert en 2003 sous le nom de L’Écailleur, il a été rebaptisé La Droguerie 1904 en 2023. Certains annuaires affichent encore les deux noms accolés.
Y sert-on encore des plateaux de fruits de mer ?
Non. La maison a abandonné l’écailler depuis une quinzaine d’années ; le poisson reste très présent, mais travaillé en cuisine, pas en plateau.
Quel budget prévoir ?
À la carte, les entrées se situent entre 14,00 € et 18,00 €, les plats entre 23,00 € et 26,00 € et les desserts autour de 10,00 €, soit environ 45–55 € pour un repas complet.
Le restaurant est-il étoilé ?
Il ne détient pas d’étoile au Guide MICHELIN. Il est en revanche distingué d’une toque par le guide Gault&Millau, confirmée dans l’édition 2026.
Quels sont les jours de fermeture ?
La maison sert midi et soir du vendredi au mardi et ferme le mercredi et le jeudi. La réservation est vivement conseillée, la salle étant de petite taille.
Conclusion
La Droguerie 1904 occupe une position singulière à Honfleur : ni brasserie à touristes du Vieux Bassin, ni table gastronomique guindée, mais un bistrot chic tenu par une famille présente sur ces murs depuis quatre générations, dont la cuisine a été entièrement repensée après 2020.
Quatre éléments résument l’adresse : une carte fusion courte et lisible, un travail sérieux du poisson d’arrivage, des accords francs comme le yuzu ou la rhubarbe pimentée, et une toque au Gault&Millau qui situe le niveau d’exigence. Le tout à des tarifs de plats qui restent ceux d’un bistrot.
Pour un déjeuner face aux bateaux entre l’église Sainte-Catherine et le musée Boudin, ou pour un dîner autour d’un tiradito de thon et d’un faux-filet normand, l’adresse tient ses promesses. Il est prudent de réserver, en gardant en tête qu’on n’y vient plus pour un plateau de fruits de mer.
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