Les Innocents – Strasbourg : table bistronomique de cuisine du marché installée à Strasbourg dans le quartier du Tribunal, avec un décor de speakeasy des années trente, feutré et tamisé, et un budget de 23–85 € par personne selon le service.
Deux chefs associés, Thierry Bendler et Sébastien Helterlé, y travaillent ensemble depuis l’ouverture fin août 2015.
Le nom, les intitulés de carte et jusqu’aux portraits accrochés aux murs jouent tous sur le même registre : la prohibition, Chicago, les gangsters et la justice — un clin d’œil assumé à l’implantation du restaurant.
La cuisine, elle, ne plaisante pas : produits de saison, cartes réécrites en permanence et dressages soignés.
La cave à vins, enfermée dans une cage grillagée au milieu de la salle, constitue l’autre grande curiosité de la maison.
Localisation
Le restaurant se situe au 4 rue Paul Muller Simonis, 67000 Strasbourg.
On est dans le Bas-Rhin, en région Grand Est, au cœur du quartier du Tribunal, dans la Neustadt, ce secteur de larges avenues et d’immeubles wilhelmiens classé au patrimoine mondial.
Le palais de justice se trouve à quelques dizaines de mètres, ce qui explique en grande partie le thème choisi par la maison.
La place de la République, la place Broglie et son arrêt de tram sont accessibles à pied en quelques minutes, tout comme la gare centrale.
Le restaurant ne dispose pas de parking propre, mais les parkings Opéra-Broglie, Sébastopol, Kléber et Homme de Fer sont tous à proximité immédiate.
Cadre & ambiance
La salle joue une partition de bois, de zinc et de cuir, dans une lumière volontairement basse qui installe d’emblée une atmosphère de polar.
Aux murs, une galerie de portraits sépia : ce sont d’authentiques photographies judiciaires de gangsters australiens des années vingt, parmi lesquels William Stanley Moore, Edward Dalton ou De Gracy.
Au centre de la pièce, la cave à vins est enfermée dans une cage grillagée qui évoque une cellule de prison — le trésor de la maison, gardé sous les barreaux.
L’aménagement a été conçu avec des architectes d’intérieur pour obtenir ce résultat sombre mais chaleureux, à mi-chemin entre le bistrot et le club clandestin.
La capacité tourne autour de soixante-cinq couverts en salle, complétés par une terrasse d’une vingtaine de places à la belle saison.
Le service est mené par Mélina Moog-Helterlé, responsable de salle et sommelière, passée par Le Cheval Blanc à Lembach et le Régent Petite France.
Cuisine & concept
Thierry Bendler et Sébastien Helterlé se sont formés au Cefppa d’Illkirch-Graffenstaden avant de se rencontrer en cuisine à Strasbourg.
Le premier est passé par Lenôtre à Paris et par la maison Gilg à Mittelbergheim, le second par Le Cerf à Marlenheim et l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern.
Ils ont ensuite piloté ensemble pendant sept ans les cuisines du Côté Lac à Schiltigheim, avant de monter leur propre table en 2015.
Le style relève de la haute bistronomie : cuisine du marché, saisonnalité stricte, cuissons maîtrisées et associations souvent inattendues sans jamais verser dans la démonstration.
Le rythme des cartes en dit long sur la méthode : la formule du déjeuner change chaque semaine, celle du dîner tous les quinze jours, avec des plats éphémères en supplément.
Le déjeuner propose une formule entrée-plat à 23 €, avec trois hors-d’œuvre et deux suites au choix entre viande et poisson.
Le dîner déroule une carte complète, avec des hors-d’œuvre entre 17 et 23 €, des plats entre 19 et 34 € et des desserts — les « Canailleries » — à 12 €.
La cave compte environ soixante-quinze références, classées par profil de dégustation plutôt que par région, des vins d’Alsace achetés directement aux producteurs jusqu’aux crus de Bourgogne, du Rhône et de Bordeaux.
🍽️ Carte & plats emblématiques
Black Burger des Innocents – le classique permanent de la maison, pain noir et tomme d’Alsace aux fleurs, 19 €.
Schneckes au beurre de persil – les escargots du Birkenwald, beurre de persil et mousseux au parfum de choucroute, 18 €.
Tartare de bœuf Holstein – bœuf légèrement fumé, tabasco Chipotle framboise, gouda XO et pickles, 18 €.
Crémeux de crabe – mascarpone et citron vert, concombre aigre-doux et noix de pécan torréfiées, 19 €.
Noix d’entrecôte de bœuf – parmentier de charlotte et queue de bœuf braisée, sauce marchand de vin, le plat le plus cher de la carte à 34 €.
Rumsteck d’agneau – cuit en chaleur douce, caviar d’aubergines brûlées et condiment d’abricots au romarin, 29 €.
Pluma de porc ibérique – la pluma « rouge de Castille », courgette grillée, ketchup de poivrons confits et pastèque snackée, 29 €.
Poisson selon la pêche – cuit à la plancha, tarte fine de tomates cœur de bœuf et légumes confits, 29 €.
Tarte meringuée au citron – la version maison de ce classique, servie parmi les Canailleries à 12 €.
Bombe au chocolat – chocolat de République Dominicaine et glace pistache, 12 €.
Résumé des commentaires
Le sentiment général est très positif et remarquablement stable depuis l’ouverture, avec trois motifs de satisfaction qui reviennent presque systématiquement : la cuisine, le service et le décor.
Sur les assiettes, les retours insistent sur l’inventivité maîtrisée — « C’est inventif sans être bizarre, c’est très très très bon », résume un client, un autre saluant « des plats toujours aussi inventifs et délicieux » — et un habitué parle de « l’adresse incontournable de Strasbourg depuis des années ».
Le décor fait l’unanimité : « L’atmosphère est feutrée, beau décor et les lumières très tamisées », « décoration du restaurant nous met dans l’ambiance directement : de très bon goût, chaleureux, convivial ».
Le service et le conseil sur les vins sont fréquemment cités, un couple racontant avoir pu « goûter et faire le bon choix » entre deux bouteilles ; les demandes particulières et les allergies sont, selon plusieurs retours, prises en charge sans difficulté, y compris pour un convive végétarien.
Le principal bémol, récurrent d’une année sur l’autre, porte sur la tarification des vins, jugée élevée par une partie des clients ; quelques avis isolés évoquent aussi un rapport qualité-prix discutable sur certains plats ou un accueil ressenti comme distant.
Questions fréquentes
Quels sont les jours et horaires d’ouverture ?
Le déjeuner est servi du mardi au vendredi de 12h00 à 13h30 et le dîner du mardi au samedi à partir de 19h00 ; le restaurant est fermé le dimanche, le lundi et le samedi midi.
Quel budget prévoir ?
La formule entrée-plat du déjeuner est à 23 € ; le soir, comptez environ 58 € pour un entrée-plat-dessert hors boissons, davantage avec l’accompagnement en vins.
Faut-il réserver ?
Oui, c’est fortement conseillé, par téléphone au 03 88 24 63 01 ou en ligne, la maison demandant par ailleurs de respecter l’horaire réservé.
Peut-on privatiser le restaurant ?
Oui, une salle peut être privatisée pour une fête de famille ou un événement professionnel, et une privatisation complète est possible sur demande.
Y a-t-il une terrasse et un accès pour les personnes à mobilité réduite ?
Oui, une terrasse d’une vingtaine de places ouvre à la belle saison et l’établissement est décrit comme accessible en fauteuil roulant.
Conclusion
Les Innocents réussit un exercice délicat : tenir un parti pris de décor très marqué sans que la cuisine ne devienne accessoire.
Les repères à retenir sont le Black Burger, les schneckes au beurre de persil, le foie gras à la tonka et la cave sous les barreaux, avec un déjeuner à 23 € qui reste l’une des meilleures portes d’entrée de la Neustadt.
Réservation au 4 rue Paul Muller Simonis, du mardi au samedi, au 03 88 24 63 01 — et laissez la sommelière vous guider, quitte à goûter avant de trancher.
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