KØKKEN – Strasbourg : table gastronomique de dix-huit couverts où la cuisine française croise les codes nordiques et la rigueur japonaise, installée à Strasbourg à deux pas de la Petite France, dans une salle épurée et confidentielle, pour un budget de 39–89 € par personne selon le service.
Le mot køkken signifie « cuisine » en danois, et le nom dit déjà l’essentiel du projet.
Le chef Frédéric Metzger y a ouvert sa première maison personnelle le 2 février 2026, après une vingtaine d’années passées dans des cuisines exigeantes entre Biarritz, Phalsbourg et le massif vosgien.
Le format tient en trois espaces : un comptoir ouvert sur les fourneaux, un couloir de fermentation tapissé de bocaux, et une petite salle à manger de douze places.
On n’y choisit pas ses plats : la maison propose un menu unique, réécrit au fil des saisons et des cueillettes.
Localisation
Le restaurant se trouve au 33 rue Adolphe Seyboth, 67000 Strasbourg.
Cette rue longe le secteur des quais de l’Ill, dans le Bas-Rhin, en région Grand Est, à la charnière entre le quartier Gare et l’entrée de la Petite France.
La gare centrale de Strasbourg est à environ cinq cents mètres, soit huit minutes à pied, ce qui rend l’adresse particulièrement commode pour un déjeuner d’affaires ou une escale en train.
Les lignes de tram B et F desservent l’arrêt Alt Winmärik, à quelques pas de la porte.
Depuis la table, les barrages Vauban, les ponts couverts et les maisons à colombages du quartier des Tanneurs sont accessibles en une petite promenade.
Cadre & ambiance
La maison revendique trois ambiances pour une seule boussole, l’émotion, et l’expérience change réellement selon l’endroit où l’on est placé.
Au comptoir, six places donnent directement sur la cuisine : l’immersion est frontale, on voit dresser, saucer, brûler, et la conversation avec le chef fait partie du repas.
Pour rejoindre la salle, on traverse le couloir de fermentation, un passage sombre bordé d’étagères où s’alignent les bocaux de végétaux lactofermentés — à la fois garde-manger de travail et seuil scénographique vers l’univers de la maison.
La salle à manger, douze couverts, joue la page blanche : murs clairs, tables carrées sans nappe, bois clair, aucun décor superflu.
Le service est assuré par Marie Bischoff, ancienne éducatrice spécialisée passée en salle, qui pratique un accueil décontracté mais précis, loin du protocole guindé.
Avec dix-huit places au total, la réservation est indispensable et le calme y est la règle.
Cuisine & concept
Frédéric Metzger a construit son métier par étapes : CAP de cuisinier à dix-huit ans, cinq années à l’Hôtel du Palais de Biarritz auprès de Jean-Marie Gautier où il passe commis puis chef de partie poisson, dix ans à l’Erckmann Chatrian à Phalsbourg dont trois comme chef, un passage formateur chez Loïc Villemin à Faulquemont, puis le 48° Nord à Breitenbach.
Il a été récompensé par le Trophée Terroir d’Exception Grand Est en 2023, puis par une dotation Jeunes Talents en 2025 qui a permis de financer l’ouverture de KØKKEN.
La cuisine se veut brute, directe, sans maquillage : produits français à 100 %, sobriété scandinave, discipline japonaise dans le geste, et quelques clins d’œil alsaciens assumés.
Le levier principal, c’est le vivant : lactofermentations, vinaigres de plantes, garum, saumures et jus de légumes composent un garde-manger maison qui sert à concentrer les saveurs et à installer de l’umami sans passer par la matière grasse.
Les acidités sont franches, souvent tranchantes, et jouent le rôle de colonne vertébrale dans des assiettes par ailleurs très lisibles.
Deux menus rythment la semaine : SKOV le midi, trois temps à 39 €, et BLOMST le soir, six temps à 89 €, tous deux décrits par la maison comme des menus confiance réadaptés aux pulsations de la nature.
Un accord de cinq verres peut accompagner le menu du soir, construit plat par plat plutôt qu’en enfilade de bouteilles.
🍽️ Carte & plats emblématiques
Fleur de rutabaga – amuse-bouche de rutabaga mariné au Melfor, relevé d’une harissa framboise.
Tartelette de betterave – betterave cuite six heures, tagliatelles de betterave et vinaigre de framboise, sur une base croustillante.
Œuf confit au munster – œuf confit lentement, émulsion de munster fermier « Le Petit Hohwaldois ».
Saint-Jacques et topinambour – noix de Saint-Jacques, topinambours et perles de tapioca, un jeu de textures classique de la maison.
Navet et pamplemousse – navet, suprêmes de pamplemousse, crème de laurier et huile de persil, très acidulé.
Lotte et chou-fleur – lotte nacrée, chou-fleur croquant et sauce au calamar à l’encre de seiche.
Volaille de Bresse et truffe – volaille de Bresse nourrie au lait, crémeux de céleri au vin jaune, billes de céleri, noix, échalote, ciboulette et truffe.
Légumes lactofermentés – les bocaux du couloir de fermentation, servis en accompagnement et en assaisonnement tout au long du menu.
Fromages alsaciens affinés – Cœur de Massif, Petit Hohwald et Bargkass à l’ail des ours, servis avec un pain au levain de la Boulangerie Didier.
Dessert aux agrumes – citron et cédrat, crumble de financier et mousse à l’orange pour clore le menu sur une note vive.
Résumé des commentaires
Le restaurant étant ouvert depuis février 2026, le volume d’avis publics reste modeste, mais le sentiment général est très nettement positif et remarquablement homogène d’un retour à l’autre.
Le cadre revient en tête des compliments : « Ambiance scandinave épurée et reposante. Excellente cuisine, très créative avec des produits de saison », résume un convive, tandis qu’un autre parle d’« une atmosphère chaleureuse et confidentielle, où le temps semble suspendu ».
Le travail du produit est l’autre motif récurrent, avec des formules comme « Frédéric parvient à transformer des produits simples en véritables créations d’exception » ou « découverte de cette cuisine pure où le produit est au centre du plat », plusieurs clients soulignant que les assiettes paraissent simples et se révèlent très abouties.
Le service est décrit comme « discret et compétent », et la souplesse de la maison est saluée — « Le chef a su s’adapter sur le menu » —, tout comme le rythme du repas, un habitué évoquant des amuse-bouches « délicieux » enchaînés jusqu’au dessert.
Aucun avis négatif ni mitigé n’apparaît à ce stade ; le seul point de vigilance est structurel, la capacité de dix-huit couverts imposant de réserver assez tôt, en particulier pour le comptoir.
Questions fréquentes
Faut-il réserver chez KØKKEN ?
Oui, très fortement conseillé : le restaurant ne compte que dix-huit couverts, six au comptoir et douze en salle.
Quels sont les menus et leurs tarifs ?
Le menu SKOV du midi propose trois temps à 39 € et le menu BLOMST du soir six temps à 89 €, avec possibilité d’un accord de cinq verres le soir.
Quels sont les jours et horaires d’ouverture ?
Du lundi au vendredi, le déjeuner est servi de 12h00 à 13h30 et le dîner à partir de 19h30 ; le restaurant est fermé samedi et dimanche, sauf privatisation.
Peut-on privatiser le restaurant ?
Oui, la maison accepte les privatisations pour des événements familiaux ou professionnels, y compris le week-end, sur demande par courriel.
Comment s’y rendre en transports ?
La gare centrale est à huit minutes à pied et les lignes de tram B et F desservent l’arrêt Alt Winmärik, tout proche.
Conclusion
KØKKEN occupe une place à part dans le paysage strasbourgeois : une table minuscule, un menu imposé et une cuisine construite autour du vivant plutôt qu’autour du luxe des produits.
Les marqueurs à retenir sont le comptoir face au chef, le couloir de fermentation, les acidités franches et un rapport qualité-prix très favorable au déjeuner avec le menu SKOV à 39 €.
Réservation au 33 rue Adolphe Seyboth, du lundi au vendredi, par téléphone au 03 88 51 67 72 ou par courriel — et pensez à demander le comptoir si vous voulez voir travailler la brigade.
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