Hôtel des Templiers – Collioure : maison historique du port catalan, sur le quai de Collioure, dont les murs couverts de toiles racontent un siècle de passage des peintres — Matisse, Derain, Picasso, Dufy, Dalí — et dont la table décline une cuisine catalane et méditerranéenne de produits frais, budget 26–60 €.
Localisation
L’établissement occupe le 12 Quai de l’Amirauté, 66190 Collioure, dans les Pyrénées-Orientales, en région Occitanie. Il fait face à la baie, au pied du château royal des rois de Majorque, les pieds dans l’eau, et à deux pas de l’église Notre-Dame-des-Anges dont le clocher-phare — ancien phare médiéval coiffé d’un dôme rose — est devenu l’emblème de la ville. Le quai de l’Amirauté et sa plage sont immédiatement devant la porte.
Autour, Collioure déroule ses ruelles du Mouré, ses barques catalanes et le chemin du fauvisme, qui jalonne la ville de reproductions posées aux endroits exacts où Matisse et Derain plantèrent leurs chevalets à l’été 1905. Les vignes en terrasses du banyuls et du collioure AOC grimpent sur les Albères, jusqu’au fort Saint-Elme et au moulin. Le poète Antonio Machado, mort ici en 1939 au terme de la Retirada, repose au cimetière, sa tombe couverte de drapeaux républicains. Port-Vendres est à 3 km, Banyuls-sur-Mer et l’aquarium Arago à 8 km, Argelès-sur-Mer à 8 km, Perpignan à 25 km et la frontière espagnole à une quinzaine de kilomètres.
Cadre & ambiance
Il faut entrer aux Templiers une première fois pour comprendre : les murs, du bar aux couloirs en passant par les chambres et l’escalier, sont couverts de toiles, d’aquarelles et de dessins originaux — plusieurs milliers d’œuvres accumulées au fil du siècle, la plupart consacrées à Collioure et à la Côte Vermeille. L’accrochage est dense, sans étiquettes muséales, avec cette accumulation joyeuse qui donne à la maison son caractère unique sur la côte.
L’histoire éclaire le décor. Ouvert en 1895 comme simple café de pêcheurs, l’établissement fut repris au début des années 1920 par René et son épouse Pauline, qui y ajoutèrent l’hôtel et le bar. Le couple se lia d’amitié avec les peintres de passage et laissa les artistes désargentés régler leur ardoise en toiles — un usage qui explique la collection accrochée aujourd’hui. Matisse et Derain y passèrent leurs soirées, Picasso et Salvador Dalí y avaient leur table dans un coin, et la maison compta parmi ses hôtes des visiteurs plus inattendus, de Winston Churchill au couple princier de Monaco. Le bar, avec sa barque catalane transformée en comptoir, reste le cœur battant du lieu.
Cuisine & concept
La table suit une carte du marché, renouvelée au fil des saisons, qui puise dans le répertoire catalan et méditerranéen. La mer y domine sans exclusive : poissons du littoral, seiche, gambas, moules et Saint-Jacques y voisinent avec des pièces de viande travaillées. L’écriture des plats reste lisible, avec des accompagnements maison — écrasé de pommes de terre, escalivade, riz sauté aux légumes — et des réductions au banyuls qui ancrent l’assiette dans le pays.
Les grandes spécialités se commandent pour deux personnes au minimum et demandent une demi-heure de préparation : l’arroz negre et la paella catalane, servis à la part, ou la pareillade de poisson qui rassemble lotte, daurade, loup, turbot, calamar, seiche, gambas et moules sur un même plat. Le midi, un menu de saison en deux ou trois services permet d’aborder la maison sans se ruiner, et un plat enfant complète la carte. Les desserts restent fidèles à la région, à commencer par la crème catalane, servie ici sous l’appellation maison.
Carte & plats emblématiques
le menu de saison – entrée et plat ou plat et dessert à 25,90 €, les trois services à 29,90 €.
la panna cotta – fruits de saison et coulis de coco, 12,00 €.
le cheesecake – coulis passion et sablé breton, 12,00 €.
Résumé des commentaires
Ce qui frappe d’abord les visiteurs, c’est le lieu : la densité des toiles accrochées du sol au plafond revient dans presque tous les retours, souvent avec la surprise de découvrir une telle collection dans un hôtel-restaurant en activité plutôt que derrière une vitrine. Le bar et sa barque-comptoir sont fréquemment cités comme une expérience à part entière, à faire même pour un simple verre.
Côté table, les clients mettent en avant la fraîcheur des produits de la mer et les grandes spécialités partagées — arroz negre, paella, pareillade — qui justifient l’attente annoncée. Le menu de saison est apprécié pour son rapport qualité-prix au regard de l’emplacement, en front de mer sur l’un des quais les plus courus de la Côte Vermeille. L’affluence estivale est le point qui revient le plus souvent en réserve : mieux vaut prévoir sa venue à l’avance ou décaler son horaire.
Questions fréquentes
Quel est le prix moyen à l’Hôtel des Templiers à Collioure ?
Le menu de saison est proposé à 25,90 € en deux services et 29,90 € en trois services. À la carte, les plats vont de 19,00 € à 31,00 € et les desserts de 9,00 € à 12,00 €, soit un budget courant de 26 € à 60 € par personne.
Le restaurant est-il ouvert aux clients extérieurs à l’hôtel ?
Oui, la table et le bar sont ouverts à tous, sans obligation de séjourner dans l’hôtel.
Peut-on voir les tableaux sans dormir sur place ?
Oui. Les œuvres sont accrochées dans les espaces publics de la maison, à commencer par le bar et la salle de restaurant, accessibles à la clientèle de passage.
Faut-il commander les paellas à l’avance ?
Les spécialités comme l’arroz negre, la paella catalane et la pareillade se commandent pour deux personnes minimum et demandent environ trente minutes de préparation.
Faut-il réserver aux Templiers ?
La réservation est vivement conseillée, en particulier en saison et le week-end, l’adresse étant l’une des plus fréquentées du quai. Il est également prudent de vérifier les horaires hors saison.
Conclusion
L’Hôtel des Templiers est une maison à double lecture : une table catalane de bord de quai, et un lieu de mémoire du fauvisme dont les murs conservent plusieurs milliers d’œuvres laissées par les peintres qui y firent halte depuis les années 1920. Peu d’adresses de la côte peuvent revendiquer une telle continuité entre la salle à manger et l’histoire de l’art.
Ses points forts se lisent sur la carte : les grandes spécialités partagées — arroz negre, paella catalane, pareillade de poisson —, les poissons de la côte servis avec escalivade et écrasé maison, le filet de bœuf aux morilles et la crème catalane maison. Le menu de saison offre une porte d’entrée mesurée.
Pour qui découvre Collioure, son château royal, son clocher-phare et le chemin du fauvisme, l’étape s’impose d’elle-même : on y déjeune face à la baie, on y prend un verre au bar sous les toiles, et l’on y retrouve, l’espace d’un repas, l’atmosphère qui attira ici Matisse, Derain et leurs successeurs.
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